#cybersecurity : Alsid réalise une levée de 13 millions d’euros

#cybersecurity : Alsid réalise une levée de 13 millions d’euros

La jeune pousse créée par d’anciens agents de l’Etat vient de lever 13 millions d’euros. En forte croissance, elle va devoir faire la différence avec Microsoft.
Nouvelle levée de fonds record dans le secteur du logiciel de cybersécurité français. Après Sqreen et ses 14 millions de dollars collectés outre-Atlantique au début du mois, Alsid vient d’obtenir 13 millions d’euros pour continuer à lutter contre les attaques informatiques à grande échelle qui touchent les entreprises. Au cours de conversion actuel, c’est donc la pépite tricolore la mieux financée du moment.

Cerise sur le gâteau, la jeune pousse d’Emmanuel Gras et Luc Delsalle a réussi à se faire financer par des investisseurs français : Idinvest mène le tour de table et rentre au capital, quand Axeleo et 360 Capital Partners réinvestissent.

Protection des identifiants
Créé il y a trois ans par deux anciens agents de l’Anssi (le service de l’Etat chargé de la cyberdéfense de l’Etat et des entreprises critiques), Alsid s’est spécialisé dans la protection en continu de l’annuaire des identifiants, des mots de passe et des droits associés à chaque salarié d’une entreprise. « Nous voulons accroître notre avance », clame Emmanuel Gras, PDG et cofondateur de l’entreprise.

Elément central d’un système de sécurité informatique, il permet à celui qui réussit à en abuser de répandre son attaque partout sur le réseau de sa victime. La méga-attaque mondiale WannaCry, en 2017, est passée par là. Certains experts jugent que la technique est aussi celle qui a paralysé la société française d’ingénierie Altran, plus récemment.

Face à Microsoft
Sur ce marché, Alsid doit faire la différence avec les consultants spécialisés qui viennent relever ponctuellement le bon fonctionnement de l’annuaire, mais aussi avec Microsoft qui a développé des outils pour protéger son Active Directory, par ailleurs le plus couramment répandu dans les entreprises. Fort de ses nouveaux moyens et de son expertise, la jeune pousse entend développer son logiciel pour protéger les équivalents au sein des autres services d’informatique en ligne (Amazon Web Services, Google Cloud Platform et surtout SAP).

En 2017, une levée d’amorçage de 1,5 million d’euros avait déjà permis à Alsid de se faire une belle place sur le marché. Les ingénieurs de la très discrète Anssi se sont changés en hommes d’affaires passionnés… et efficaces. En moins de trois ans, ils ont convaincu Orange, Vinci Energie, Lagardère… une vingtaine de clients de cet acabit au total. « Il ne s’agit pas d’expérimentation gratuite », précise le patron, qui reste vague sur le montant de son chiffre d’affaires : « des millions au pluriel », répond-il.

L’Asie avant les Etats-Unis
Il assure avoir multiplié par six ses revenus en 2018 et compte les tripler en 2019, tout comme en 2020. Alsid joue pour cela la carte asiatique. La start-up a ouvert un bureau à Hong-Kong et travaille son réseau de distribution. « Nous irons aux Etats-Unis plus tard, mais nous jugeons que la croissance se situe en Asie », indique Emmanuel Gras. Le jeu y est aussi plus ouvert, quand les clients locaux cherchent une alternative aux solutions chinoises ou américaines.

[ Sources : Les Echos Entrepreneurs, Florian Debes, 17/04/19 ]